Partie 1.3

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    Partie 1.3

    Message par Admin le Mar 8 Avr - 17:49

    La reine rentra dans sa demeure, et, allant dans la salle, elle avait admiré le travail de Dannah, sa fille aînée, qui avait continué de préparer leur maisonnette pendant son absence. Des invités d'une certaine importance y étaient attendus. Un simple plan de travail de bois et de marbre séparait la salle de la cuisine. Anne retrouva Dannah occupée dans cette pièce. En compagnie d'un androïde, Dannah s'occupait des préparations sous une ambiance musicale. L'origine du son mélodieux et rythmique provenait d'une chaîne hi-fi, et résonnait dans la demeure. Emportée par des instruments qui ressemblaient à de l'heavy symphonique, elle se montrait très dynamique. Chaussée de ses chaussures à talons et vêtue de sa longue robe, elle bougeait d'une manière adroite. La douce odeur dégagée par la nourriture réveilla son odorat.
    — Que ça sent bon, émit la reine d'une douce voix !
    Emporté dans son activité, Dannah avait sursauté en ayant remarqué la silhouette de sa mère, car elle ne s'attendait pas à son retour si avancé.
    — Eiko baisse la musique s'il te plaît, dit la jeune fille le cœur emballé par la peur.
    — Musique abaissée, répondit l'ordinateur central de la maison à la voix de femme robotisée.
    — Tu ai déjà de retour, s’étonna la jeune femme.
    La reine jeta un vif coup d'oeil sur sa montre argentée, qui se tenait à son poignet gauche, et en la regardant, elle fronça les sourcils.
    — Oui, effectivement, dit-elle d'un air surpris, je m'aperçois maintenant que mon absence à la maison n'était que de courte durée. Tout se passe à merveille pour la fête, alors rien ne me retenait à rester sur place. Puis Cassandra, Aurore, et Amélia ne vont pas tarder à arriver, et je tenais à être présente pour les accueillir.
    — Oui, je comprends, répondit l'autre.
    Toutes les excuses étaient bonnes, pour ne pas avouer qu'elle ne se sentait pas bien. Mais, Dannah n'était pas dupe, se doutant tout de même de quelque chose, elle n'avait pas approfondi le sujet. Anne observa la table que sa fille avait soigneusement préparée. Une nappe blanche avec les armoiries de la royauté de Saya recouvrait cette fameuse table. Identique à tous les meubles de la maison, elle était conçue en merisier. Grâce à sa forme octogonale, elle disposait de huit places. En plus de la décoration, des assiettes rondes en porcelaine étaient posées sur chacune de ces places. Dans ces dernières, Dannah avait mis des serviettes, et de chaque côté, elle avait placé des couverts de cristal et d'argent, et au-dessus de l'assiette elle allait poser des verres en cristal.
    — Je vois que tu as dressé une jolie table. Aurais-tu besoin d'aide dans la cuisine ? Reste-t-il des choses à terminer ?
    — Non, ça ira maman, regarde Xu-Ghéliang s'occupe de tout. C'est un vrai chef. Il a presque fait l'ensemble des préparatif tout seul.
    — Oh ! Elle exagère, fit l'androïde d'une voix masculine robotisé, Dannah y est pour quelque chose aussi. C'est elle qui a eu les idées de toutes ces fantaisies. Je ne serais jamais arrivé sans elle.  
    — Regarde ! dit Dannah, Nous avons fait une salade de navets de printemps aux pommes pour l'entrée. Un pavé de chevreuil que nous avons assaisonné de topinambour et de douces épices, en garniture d'une purée de panais en plat de résistance. Et pour le dessert, nous avons déposé dans une assiette décorée de fruits secs, une salade composée de fruits rouges, de myrtilles et de fraises avec une tartelette aux poires au sirop d'érable.
    — Les couleurs sont variées et harmonisées et dégage un doux parfum. Vous avez fait un très bon choix ! En tous les cas, vous avez fait de belles choses, complimenta t'elle en observant les plats de nourriture. Je suis fière de vous.
    — Oh, que des compliments. Merci maîtresse, continua l'androïde flatté.
    Dannah s'intéressa au comportement étrange de sa mère, et longtemps elle avait hésité d'aborder le sujet qui la préoccupait un instant plus tôt.
    — Maman, cela fait quelques jours que je t'observe, et j'ai l'impression que tu ne vas pas très bien, lança t'elle pour chercher à connaître la vérité. Quelque chose ne va pas, tu n'ai pas malade j'espère ?
    — Pourquoi me poses-tu cette question tout à coup ? Je vais très bien !
    — Non, je vois que tu te sens mal, rien que dans ta voix, il y a comme une douleur qui pèse sur tes mots. Puis tu me parais très faible ces derniers temps.
    — Je suis juste un peu fatigué, rétorqua sa mère, d'ailleurs je vais aller me reposer sur le divan.
    — Veux-tu que j'appelle un médecin ?
    — Ne t'inquiète pas , ça va aller, dit-elle pour la rassurer.
    — Souhaites-tu que je te fasse du thé ?
    — Oui, je veux bien ! Peut-être que ça me redonnera un peu d'énergie.
    — Allez, va te reposer, je vais te préparer ça.
    — Merci ma fille.
    Anne partit s'asseoir sur le divan dans le salon afin de se reposer, et essaya d'évacuer son malheur qui hante ses pensées.
    — Que faites-vous princesse ?
    — Je prépare du thé pour maman.
    — Laissez-moi faire, fit t-il en reprenant les choses en main. Notre princesse a assez travaillé pour aujourd'hui.  Allez rejoindre votre mère, je vous l'apporterais lorsque qu'il sera prêt.
    — Merci Xu-Ghéliang.
    Bien qu'elle s'apprêtait à sortir de la cuisine,  le plateau que l'androïde venait de sortir du four l'avait soudainement attiré. Lui accordant toute son attention, elle regardait son contenue d'une pensé fière et gourmande.
    — Je peux prendre quelques biscuits ?
    — Oui princesse, mais faites attention de ne pas vous brûler les doigts, c'est peut-être encore chaud.
    Dannah sortit une assiette afin d'en prendre quelques-uns.
    — Merci ! Tu ai zu vrai chef, dit-elle d'un clin d'oeil avant de s'éclipser.
    La jeune femme revint de la cuisine avec son assiette de biscuit qu'elle tenait d'une main. À son approche, la reine déshabilla sa fille du regard. Elle étinselait de mille feux dans sa robe bordeaux à manche courte, ornée de perles blanches sur le buste, qui mettait sa poitrine en valeur laissant apparaître un médaillon. Anne la voyait plus souvent en armure qu'en robe. D'un physique athlétique, elle gardait sa démarche de soldat. Sa cadence régulière et lourde frappait violemment le sol de la salle revêtu de bois, mais ses mouvements ne manquaient pas de grâce. Ses yeux gris avaient beaucoup de charme, et ses cheveux bruns attachés en queue de cheval allaient de droite à gauche lorsqu'elle marchait. Dannah posa le plateau sur la table basse, et faisant attention à sa robe, elle s'assoyait auprès de sa mère.
    — Xu-Ghéliang est en train de préparer le thé et il va nous l'apporter lorsqu'il sera prêt. J'ai pu prendre que quelques biscuits en attendant.
    — Ils sentent bon et ils ont l'air très goutteux, dit Anne.
    Elle prit l'un de ces biscuits et le croqua à pleine dent.
    — Ils sont délicieux ! Un vrai régal, Confirma t-elle ! C'est toi qui les as faits j'imagine !
    — Oui, mais avec l'aide de Xu, répondit la jeune adulte.
    — Je vous en félicite.
    — Merci ! Je suis ravi que cela te plaise,  dit l'autre esquissant un sourire.
    — Ashélia et Hélène sont t-elle là-haut, Demanda sa mère ?
    — Oui, je pense, elles étaient sorties dans la matinée.
    — Voilà je vous sers votre thé mesdames, dit poliment l'androïde.
    — Merci Xu-Ghéliang fit t-elle chacune leur tour recevant une tasse.
    Alors qu'Anne poursuivait une discussion plus intime avec sa fille, elles entendirent sonner à la porte.
    — Tiens, voilà nos invités, dit la mère.
    — Tu peux rester là. Je vais les accueillir.
    — Merci, tu ai une fille adorable.
     Dans la seconde qui succédait la sonnerie, un vacarme attira l'attention de la reine vers l'escalier en bois, reliant la salle à manger aux pièces de l'étage supérieur. Anne suivait du regard ses deux jeunes filles, qui descendaient les marches à vive allure, glissant leur main droite sur la rambarde.
    — Faites attention dans les escaliers, intervint Anne, vous risquez de tomber ou bien de vous blesser.
    — Oui mère, répliqua Ashélia, d'un air indifférent.
    À peine arrivées dans la salle, les deux filles s'approchèrent d'elle, afin de la saluer puisqu'elles se voyaient pour la première fois de la journée. Anne les serra contre elle, l'une après l'autre.
    — Je vous trouve resplendissantes, les filles.
    — Merci, dirent t'elles en choeur.
    Sortant des bras de sa mère, Ashélia se tourna, portant son attention sur les invités, et découvrit auprès de Dannah trois personnes, dont deux femmes adultes et une adolescente. L'une d'entre elles faisait pétiller ses yeux gris bleutés de bonheur. Sa joie, elle le devait à la présence de Cassandra, sa tante, à qui elle attachait une certaine importance. Cette femme en question ressemblait à Dannah avec une vingtaine d'années de pluss. De ces mêmes origines Sayanth, Cassandra était grande, et avait une silhouette aux formes athlétiques, comme elle. Elle était coiffée de ce même type de cheveux bruns, sauf que les siens étaient détachés, façonnés en dégradé, et une frange arrivait à la hauteur de ce même regard bleu intense. Même dans les plus grandes occasions, sa posture de Gardien faisait qu'elle ne quittait jamais ses tenues de combat relativement luxueuses, et ne se séparait jamais de sa dague qu'elle tenait à sa ceinture. Devant Cassandra se tenait l'adolescente orpheline, mais lui ressemblant énormément, des liens de parenté restaient à discuter. Quant à l'autre adulte accueilli par la reine, c'était sa cousine Aurore, et grâce aux liens qui les unissaient, elles se montraient très proches. Anne l'avait envoyée pour aller chercher Cassandra et Amélia dans le royaume de Saya. Aurore était une femme un peu plus jeune que les deux adultes. Et son origine humaine faisait que son physique n'avait rien d'extraordinaire. Son apparence vestimentaire gothique, et sa chevelure noire maintenue derrière sa nuque par deux longues mèches blondes entrelacées faisaient d'elle une personne mystérieuse. L'accueil de la reine et de ses enfants se montrait très chaleureux.
    — Vous avez fait un bon voyage, demanda la chef de famille, pour démarrer la conversation ?
    — Oui, cela s'est très bien passé, répondit Cassandra. Les conditions climatiques étaient avec nous, le temps était magnifique pour ainsi dire. Et notre technologie nous a permis d'arriver ici très rapidement et sans éprouver la moindre difficulté.
    — Effectivement, dit l'autre, le royaume de Saiya dispose d'une technologie de pointe depuis quelque peu, et j'ai une certaine fierté pour nos chercheurs et nos maîtres d'oeuvre. Et puis, surtout pour toi, Cassandra, pour ton soutien au poste de gouvernante.
    — Merci Anne. Cela me flatte, mais...
    Au regard d'Anne, Cassandra s'était abstenue de dire la suite tant qu'il y aurait les enfants autour. Le « Mais » était douteux aux yeux des enfants.
    — Que diriez-vous de vous installer autour d'un bon déjeuner ? Proposa l'hôtesse des lieux afin de créer une diversion.
    — Oui ! Bonne idée, dit Cassandra d'un air complice !
    Puis, chacune s'installa autour de la table soigneusement préparée. Aidée de sa fille aînée, Anne effectuait le service. Et une fois que tout le monde fut servi, elles mangèrent et engagèrent une conversation sans importance.

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